Michael Jordan n’avait rien de spécial et Mozart aucun don !

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Certains soutiennent que l’intelligence d’une personne est une quantité fixe qui ne peut pas être augmentée. On doit protester et réagir contre ce pessimisme

Alfred Binet, inventeur du test du QI (1909)

Ce livre est l’un de ceux qui m’a marqué le plus jusqu’à présent.

Pourquoi ?

Parce qu’il a remis en cause de nombreuses idées concernant l’innée, l’acquis et plus globalement la génétique.

En résumé

Personne n’est génétiquement destiné à être génial et inversement, peu de personnes sont restreintes à ne pas l’être. Evidemment, il y a d’importantes différences génétiques entre nous qui créent des avantages et des désavantages parfois importants mais elles ne déterminent pas à elles seules qui nous sommes. Tout le monde ne peut pas devenir un génie mais beaucoup d’entre nous prenons nos erreurs pour nos limites et nous n’exploitons souvent pas notre potentiel au maximum.

Les gènes ne sont pas les seuls qui déterminent les traits physiques et le caractère mais c’est plutôt une interaction avec l’environnement. On ne peut pas entièrement contrôlée cette interaction mais on peut énormément l’influencer !

Via : The Genius in All of Us: New Insights into Genetics, Talent, and IQ

  1. Que se passe t’il au niveau de notre corps ?

Chaque cellule de notre corps contient une double branche d’ADN qui contient elle-même des milliers de gènes individuels. Chaque gène initie le processus d’assemblage d’acides aminés en protéines. En premier, chaque gène doit donc être activé ou « s’exprimer » pour pouvoir commencer la construction de protéines. Mais, certains gènes sont versatiles (on ne sait pas encore bien les identifier) et dans certains cas, le même gène peut produire différentes protéines selon comment et quand il est activé. Les protéines sont très importantes puisqu’elles sont comme des molécules spécialisées aidant à créer des cellules et l’on peut même nous résumer comme la « somme » de nos protéines.

Les gènes stockent donc des informations pour coder des séquences d’acides aminés de protéines mais ça s’arrête là. Ils ne codent pas pour des parties de système nerveux et encore moins pour certains types de comportement.

Pour autant, les gènes ne sont pas les seuls à influencer la production de protéines. Ils sont constamment activés et désactivés par les stimulus de l’environnement, la nutrition, les hormones et d’autres gènes … il faut en fait nous voir comme un système dynamique, une créature de développement. D’ailleurs, des gènes identiques ne produisent pas des personnes identiques.

Ainsi, né pour être petit, né pour être intelligent, né pour jouer de la musique ou au basket ball … il est très tentant de penser comme ça mais ce n’est pas vrai.

. Les différences génétiques jouent un rôle important mais les gènes ne déterminent pas à eux seul tous nos traits très complexes. Les limites que l’on se fixe ne sont pas dus à notre patrimoine génétique mais à notre incapacité d’aller chercher dans ce qu’on a déjà.

Ce qu’il faut retenir sur les gènes. Ils sont responsables de :

  • 60 % de l’intelligence
  • 60 % de la personnalité
  • 40 à 60 % des aptitudes physiques
  • 20 % de la créativité
  1. Des exemples de « génies » ? :

Prenons par exemple Michael Jordan, il n’était pas le meilleur athlète de sa famille quand il était jeune (son plus grand frère Larry l’était) ni le plus travailleur (le plus paresseux de ses 5 frères et sœurs) et pas très doué de ses mains non plus mais il est considéré comme l’un des plus grands athlètes de tous les temps.

Pour ce qui est de Beethoven, ces voisins se souviennent surtout d’un petit garçon qui se tient devant son clavier en pleurant. Il était tellement petit qu’il devait monter sur un escabeau pour attendre les notes. S’il hésitait, son père le battait. Lorsqu’il lui était accordé du temps libre, ce n’était que pour avoir un violon entre les mains ou faire du solfège. Son père allait même jusqu’à le priver de sommeil et parfois le réveiller en pleine nuit pour pratiquer encore plus de violon.

Les violonistes du 20è siècle sont devenus meilleurs bien plus rapidement que leurs pairs du siècle précédent. Pour s’en rendre compte, le nombre de personnes pouvant jouer Le Paganini Violin Concerto numéro 1 et le mouvement final de Bach Violin partita numéro 2 en D mineur est bien plus important maintenant. Ces 14 minutes de violon presque impossible, considérées au 18 è siècle comme presque impossible à jouer, réservé aux Virtuoses force est de constater qu’aujourd’hui, de nombreux étudiants du monde entier le joue parfaitement.

Il existe une longue liste d’adultes exceptionnellement doué qui ne montraient pourtant pas particulièrement de grandes aptitudes enfant. De Copernic à Rembrandt en passant Bach, Newton, Kant, Einstein (d’ailleurs pour lui, « Ce n’est pas que je sois super intelligent, c’est seulement que je reste avec les problèmes plus longtemps. ») et Da Vinci (petite parenthèse sur Léonard de Vinci, il était un ingénieur exceptionnel, un anatomiste de génie, concepteur de l’automobile, l’hélicoptère et le pistolet ; à la fois géographe, mathématicien, musicien et botaniste à mi-temps, il est considéré par certains historiens comme la personne la plus talentueuse et la plus diversifiée dans l’histoire de l’humanité ; rien que ça !)

  1. Comment s’améliorer ?

  • Avoir des héros : des modèles inspirent, non seulement pas leurs grands travaux mais aussi par leurs commencements très modestes : Thomas Edison était pris pour un attardé mental à l’école, le père de Darwin le considérait comme un moins que rien.
  • Parler aux enfants tôt et beaucoup
  • Lire jeune et souvent
  • Encourager beaucoup
  • Mettre des attentes élevées : les enfants ne se développent que si l’environnement exige un développement
  • Echouer : aller au-delà de ses limites  et voir l’échec comme un outil pour apprendre et non un signe de limitation.
  • Penser que l’on peut évoluer, que nos abilités sont malléables et pas fixées dès la naissance.
  • Il faut redéfinir le talent et ne pas le voir comme une cause mais le résultat d’un processus.
  • Savoir attendre longtemps avant d’être récompensé et résister à la satisfaction à court-terme

En conclusion, il ne faut pas parler de pénurie de talent mais d’une abondance de talents latents.

Pour finir, je vais vous raconter une petite histoire: l’expérience de Terman en 1920 :

Ce scientifique a fait une étude sur plusieurs décennies nommée « étude génétique du génie ». Selon lui, les enfants les plus doués, avec le meilleur patrimoine génétique auront du succès toute leur vie. Il a donc cherché près de 1500 enfants californiens qualifiés d’exceptionnellement supérieurs. Mais, plus ils grandissaient moins ils paraissaient exceptionnels. Ils ont globalement mieux réussi sur le plan financier et physique que l’américain moyen mais très peu ont réussi de grandes choses. Personne n’a gagné de Prix Nobel (alors que 2 rejetés de la classe originale l’ont eu) et aucun n’est devenu un musicien de classe mondiale. Ainsi, les attributs nécessaires pour être un enfant prodige ne sont pas les mêmes que ceux pour devenir un adulte prodige. En effet, les enfants géniaux grandissent souvent entourés de personnes qui applaudissent leurs efforts et ne sont donc pas poussés à sortir de leur zone de confort ; ils ont peur de nouveaux challenges et de l’échec.

De façon générale, ceux qui réussissent de grandes choses ont une motivation exceptionnelle. Ainsi, les clusters d’athlètes ne sont pas génétiques mais systémiques. Cela signifie que le succès vient de nombreux éléments différents : la démographie, les médias, la nutrition, les politiques, l’éducation, l’économie. En fait, la meilleure façon de promouvoir de meilleures performances est d’être entourée par les compétiteurs les plus acharnés et une culture de l’excellence. Le succès engendre le succès.

Par exemple, en 1900, la seule ville de Vienne a donné naissance à Klimt, Wagner, Freud et Wittgenstein.

Depuis 1980, la Silicon Valley est à l’origine des start-ups dans l’informatique les plus prospères.

Les clusters culturelles d’innovation et d’excellence peuvent être régionales comme la nouvelle-Orléans pour le Jazz ou spécifique à une période comme la moitié du 20è siècle pour la physique.

Qu’en pensez-vous ? Vous êtes d’accord ? Racontez-nous dans les commentaires !

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